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Etude : usages, risques et accidentalité des Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM), avant et après le confinement

Trottinettes électriques, gyroroues, hoverboards… : des usagers moins stigmatisés depuis le déconfinement, mais qui demeurent vulnérables et mal protégés

Trottinettes électriques, gyropodes, skateboards électriques, hoverboards… le développement des nouveaux modes de déplacement urbain observé ces dernières années s’est accéléré à la sortie du confinement. Cet essor s’accompagne de risques et d’accidents : la sécurité et la prévention demeurent des enjeux-clés dans un climat plus apaisé entre les utilisateurs d’Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM) et les autres usagers de l’espace public.
Pour analyser les usages, la prise de risques et l’accidentalité des utilisateurs d’EDPM, la Fédération Française de l’Assurance (FFA), Assurance Prévention et la Fédération des Professionnels Micro-Mobilité (FP2M), ont lancé une étude réalisée par Smart Mobility Lab. Elle recueille la vision des utilisateurs d’EDPM, mais aussi des autres usagers de l’espace public, avant et après le confinement.

 

Cette étude menée en deux temps permet de mettre en évidence quatre grandes tendances :

  • Un usage installé des Engins de Déplacement Personnel Motorisés

Les EDPM occupent une place désormais non négligeable parmi les modes de transports urbains et périurbains : 22 % des personnes interrogées disent en avoir utilisé au moins une fois et 11 % se déclarent utilisateurs réguliers (au moins une fois par mois). Depuis la crise sanitaire, 27 % des Français déclarent avoir modifié leurs modes de déplacements habituels. Ainsi, 72 % des 18-34 ans envisagent le recours aux EDPM pour se déplacer.
 

  • Une perception ambivalente des EDPM dans l’espace public

L’image ambivalente des EDPM parmi les usagers de l’espace public a évolué depuis le déconfinement. En février, la dangerosité était la caractéristique première attribuée aux EDPM (42 %). Dans la seconde vague de l’étude, réalisée en septembre 2020, cette première place est désormais occupée par les gains d’autonomie et de temps qui traduisent le caractère utilitaire et pratique de ces engins.
Les utilisateurs d’EDPM estiment que les infrastructures de voirie, la signalétique et la réglementation routière ne sont pas adaptées à leur pratique, mais parallèlement, ils admettent que leur comportement n’est pas toujours exemplaire.
Si es coronapistes, les nouvelles pistes cyclables provisoires créées suite à la crise sanitaire, sont des initiatives perçues très favorablement par les cyclistes et les utilisateurs d’EDPM, elles le sont moins par les automobilistes et les deux-roues motorisés. 

  • Un sentiment de vulnérabilité et un manque de protection avéré

Avec une note moyenne de confiance de 6,4/10 contre 7,2 en moyenne chez l’ensemble des usagers de l’espace public, les utilisateurs d’EDPM sont ceux qui s’estiment les moins en sécurité pour leurs déplacements quotidiens. Ils estiment être très exposés aux autres usagers, en particulier les camions et les automobilistes, et ils ont conscience que leur mode de déplacement silencieux représente un risque spécifique dans l’espace public. L’étude souligne également des carences en termes de sécurité, liées à des engins encore insuffisamment équipés (lumière, avertisseur sonore, éléments rétro-réfléchissants…).

  • Une accidentalité en hausse qui suit le taux de pénétration des EDPM sur le marché

Près d’1 quart des usagers de la route a déjà été exposé à une situation dangereuse en lien avec un EDPM. Les jeunes conducteurs d’EDPM (moins de 30 ans) sont surreprésentés dans les accidents. 68 % des accidents impliquant un EDPM concernent le non-respect de la réglementation dont les excès de vitesse (40 %) et la circulation sur les trottoirs (30 %). 

In fine, l'étude souligne l'importance de sensibiliser et protéger les usagers. Pour Stéphane Pénet, Délégué général adjoint de la Fédération Française de l’Assurance (FFA) : « L’étude souligne la méconnaissance des prérequis à la conduite d’un EDPM, notamment l’obligation d’assurance. Être responsable, c'est être assuré pour soi-même et pour les autres. Les utilisateurs d’EDPM ont la même responsabilité que ceux d'une voiture ou d'une moto et doivent donc être assurés en responsabilité civile pour la protection de tous. L'assurance est obligatoire aussi pour les engins en libre-service : il est donc essentiel de vérifier que le loueur a bien souscrit une assurance pour le compte de ses clients. »

Tous les résultats de cette étude sont disponibles sur le site d'Assurance Prévention, l'association des assureurs français au service de la prévention des risques du quotidien.