Création de la Fédération Française de l’Assurance, discours de Pascal Demurger

08/07/2016

Mon cher Bernard : Nous y sommes !

Deux ans, presque jour pour jour, après ta réélection et ma propre élection à la présidence de nos syndicats professionnels respectifs, nous voilà donc, célébrant la création d’une fédération unique de l’assurance.

Tout ou presque, je crois, a été dit ou écrit sur cette création. Un aspect, quand même, me semble avoir été un peu négligé. Aspect pourtant essentiel pour qui souhaite comprendre le sens et, ce faisant, mesurer la portée de cette naissance. Cette question laissée dans l’ombre est celle de savoir si le regroupement de l’ensemble de l’assurance française au sein d’une fédération unique est le fruit d’une volonté ou le produit d’une nécessité.

La lecture la plus spontanée, la plus simple, la plus immédiate aussi de cet événement est, bien sûr, d’en faire l’aboutissement d’une volonté :

  • Volonté longtemps contrariée par la persistance d’oppositions principielles ou par des postures personnelles inadaptées.
     
  • Volonté progressivement affirmée par nos prédécesseurs, au cours, notamment des 27 dernières années. Nous y reviendrons tout à l’heure.
     
  • Volonté finalement partagée par la majorité de la profession. Ce soutien était, évidemment, la condition indispensable à la réussite de l’opération.
     
  • Enfin, volonté forcément incarnée. Nous en avons été, Bernard, je crois, des acteurs déterminés, faisant, dès le début, le pari de la confiance et de la loyauté réciproques, pour découvrir, bientôt, que nous rapprochaient non seulement des analyses systématiquement convergentes, mais aussi une très amicale bienveillance.

Mais l’essentiel est évidemment ailleurs. Nous n’avons finalement été que les simples instruments d’une évidente nécessité. Je ne crois guère au hasard. Aussi, je ne crois pas que la naissance de la Fédération Française de l’Assurance soit intervenue précisément en 2016 par hasard.

2016 est l’année de la convergence de deux évènements considérables qui marqueront profondément l’histoire de notre secteur et en conditionneront durablement le fonctionnement :

  • Le premier est, bien sûr, l’entrée en vigueur de Solvabilité 2. Sa mise en oeuvre, dans un contexte de taux historiquement bas, non seulement façonne déjà nos bilans, mais surtout oriente nos choix et détermine jusqu’aux activités que nous pratiquons ou que nous délaissons. Or l’histoire de Solvabilité 2 nous a montré combien la division est funeste quand on prétend peser dans les discussions.
     
  • Le second, dont la survenance est plus diffuse, mais dont les conséquences seront colossales, est bien sûr la rupture digitale, à laquelle notre secteur, après plusieurs autres, commence tout juste à être confronté. L’impact pour la vieille économie de ce qui se joue aujourd’hui est à peine concevable. Face à une telle mutation les querelles entre assureurs selon qu’ils répondent à telle forme juridique ou à telle autre sont tout simplement dérisoires.

Reste que si la création de la FFA a été portée par une nécessité qui dépassait ses promoteurs, la réussite de sa mise en oeuvre dépend, elle, de tous les acteurs. Cette réussite tient à des facteurs multiples, j’en retiendrai trois, essentiels :

  • Le premier concerne le respect de l’identité de chacun. De beaux esprits ont cru lire dans la disparition du GEMA un renoncement du mutualisme. Ils n’ont pas vu :
     
    • Ils n’ont pas vu que les mutuelles sont, enfin, toutes réunies, au sein de l’Association des Mutuelles d’Assurance, et ont mis fin à leurs divisions,
       
    • Ils n’ont pas vu que l’architecture que nous avons bâtie pour la FFA permet de concilier la puissance qu’offre l’unité et la richesse qu’offre la diversité,
       
    • Ils n’ont pas vu enfin, que s’il existe une autre manière d’exercer notre métier c’est au quotidien, en actes, dans nos entreprises, qu’elle doit se démontrer et pas, seulement, dans des discours convenus de moins en moins audibles.
       
  • La seconde condition de réussite a trait à la gouvernance. En particulier, il fallait à la FFA un Président incontesté. Il était légitime, Bernard, que tu sois ce premier Président et inenvisageable, pour ma part, de souscrire à une autre
    solution.
     
  • Enfin, la troisième condition tient à la dynamique des équipes désormais réunies sous un même maillot. Ce que je connais d’elles, de leur talent et de leur état d’esprit, me rend parfaitement confiant quant à leur engagement au service et à l’écoute des adhérents.

Nous tournons une page importante pour notre profession. Tout est réuni, j’en suis convaincu, pour qu’elle le soit dans les meilleures conditions. Mais la réussite dépendra aussi et d’abord de chacun d’entre nous.

Merci à tous.

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