Deux publications inédites sur le risque climatique en France dans le cadre de la COP21

Climat et assurance à l'horizon 2040 : deux publications inédites sur le risque climatique en France

Les assureurs français sont engagés de longue date dans la lutte contre le changement climatique.  Deux publications inédites parues dans le cadre de la Conférence Internationale sur le Climat, COP21, accueillie en 2015 par la France, constituent une contribution éclairante de la profession de l'assurance aux enjeux de prévention et d'adaptation au changement climatique.

Des aléas naturels toujours plus coûteux

L’étude "Changement climatique et assurance à l'horizon 2040" apporte un éclairage sur le coût croissant que représenteront les aléas naturels en France au cours des 25 prochaines années. Elle démontre que le coût supplémentaire occasionné par les dommages matériels causés par le climat d’ici 2040 est évalué à 44 milliards d’euros (en euros constants), soit une hausse de 90% par rapport au montant des dégâts cumulés des 25 années précédentes. De 48 milliards d’euros sur la période 1988-2013, les aléas naturels pourraient coûter 92 milliards d’euros d’ici 25 ans.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce surcoût :

  • l’enrichissement global de la France qui, densifiant son territoire en logements, entreprises et biens de collectivités, conduira naturellement à une augmentation des conséquences d’un événement climatique. Ce facteur « enrichissement » représente 43 % du surcoût estimé, soit 19 milliards d’euros ;
  • le changement climatique d’ici à 2040, et notamment les effets d’une hausse des températures, est le deuxième facteur explicatif de ce surcoût. Son impact est estimé à 13 milliards d’euros ;
  • la répartition géographique des richesses sur le territoire métropolitain et la variation naturelle du climat auront quant à elles des conséquences évaluées respectivement à 8 et 4 milliards d’euros.   

L’étude montre également que la hiérarchie des périls va évoluer. Ainsi les phénomènes de retrait-gonflement des sous-sols liés à la sécheresse, tout comme les phénomènes de submersion marine, apparaissent comme les périls présentant les plus fortes évolutions prévisibles en matière de fréquence et d’intensité.
 

Des mesures de prévention et de protection à adapter

Les assureurs, acteurs majeurs dans la lutte contre les dérèglements climatiques, sont depuis longtemps mobilisés au service de la prévention et de la protection contre les aléas naturels. Les résultats de cette étude les ont conduits à mettre en perspective l’ensemble de leurs connaissances afin d’anticiper et de maîtriser au mieux la gestion du risque climatique.

Partant des retours d’expérience des 25 dernières années et des perspectives des 25 prochaines, le Livre blanc « Pour une meilleure prévention et protection contre les aléas naturels » fait des propositions concrètes sur les deux piliers de la gestion du risque climatique que sont la prévention et l’assurance.

Malgré une incontestable mobilisation des pouvoirs publics pour améliorer la cohérence et l’efficacité des moyens de prévention contre les aléas naturels, les assureurs observent sur le terrain des insuffisances dans l’application concrète des politiques de prévention. Le Livre blanc fait le constat de dysfonctionnements majeurs, assortis de 23 propositions d’améliorations destinées à intensifier les politiques publiques de prévention et de protection.

L’efficacité des politiques de prévention passe également par une modernisation du régime des catastrophes naturelles. Les retours d’expérience des catastrophes naturelles subies ces dernières années ont amené la profession à publier également dans ce Livre blanc 11 propositions qui visent à préserver la solidarité, tout en introduisant une incitation à la prévention et au développement de la culture du risque.